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	<title>Le Blog de Jean-Christophe Dardart &#187; economie</title>
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	<description>La psychanalyse n'est pas une vérité mais une lecture.</description>
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		<title>Addiction : le paradoxe de la consommation</title>
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		<pubDate>Thu, 27 May 2010 14:05:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>J-C Dardart</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une des pathologie dont on entend beaucoup parler depuis plusieurs années est l&#8217;Addiction. Ou devrais-je dire plutôt les addictions. Et ceci quelque soit nos convictions politiques. En effet, il y a inquiétude sociétale en un lieu qui ne manque pas d&#8217;intéresser un discours politique : car touchant à un fait de société. L&#8217;inquiétude autour des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><a href="http://www.flickr.com/photos/21222350@N04/4643462644/" title="croquer la pomme de jclepoulet, sur Flickr"><img src="http://farm5.static.flickr.com/4033/4643462644_fc105575bd_o.jpg" width="500" height="133" alt="croquer la pomme" /></a></p>
	<p style="text-align: justify;"><span class="lettrine">U</span>ne des pathologie dont on entend beaucoup parler depuis plusieurs années est l&#8217;<strong>Addiction</strong>. Ou devrais-je dire plutôt <strong>les</strong> addictions. Et ceci quelque soit nos convictions politiques. En effet, il y a inquiétude sociétale en un lieu qui ne manque pas d&#8217;intéresser un discours politique : car touchant à un fait de société. L&#8217;inquiétude autour des addictions plus que de révéler quelque chose du sujet addicte, serait, à l&#8217;inverse, le signe d&#8217;un dysfonctionnement que le sujet dépendant viendrait, en le grossissant, révéler.  Autrement dit, <strong>l&#8217;emballement anxieux autour des addictions viendrait designer un aspect morbide de notre système</strong>.</p>
<span id="more-75"></span></p>
	<p style="text-align: justify;">Le propos de cet article n&#8217;est en aucun cas une négation de l&#8217;aspect pathologique de l&#8217;addiction et encore moins de dénier la nécessité d&#8217;une psychothérapie lorsqu&#8217;une telle organisation psychique se met en place mais davantage de souligner et de rappeler qu&#8217;une <strong>société ne s&#8217;angoisse pas de telle pathologie par hasard</strong>. Si l&#8217;addiction peut être comprise comme une pathologie de la consommation, d&#8217;une dépendance incontrôlable, devenue déraisonnable où le sujet viendrait se perdre dans la surconsommation jusqu&#8217;à l&#8217;overdose, c&#8217;est à dire la mort, il peut paraitre alors étonnant de constater que c&#8217;est surtout dans une <strong>société dont le modèle économique est la consommation croissante et sans limite, que justement l&#8217;addiction à un tel succès dans les inquiétudes de beaucoup</strong>. S&#8217;agirait-il alors d&#8217;une contradiction ?</p>
	<p style="text-align: justify;">La réponse est <strong>non</strong>. Il s&#8217;agit d&#8217;un paradoxe, c&#8217;est à dire une contradiction apparente qui met en lumière en réalité une interaction cohérente. En effet il y aurait comme un effet de <strong>miroir entre la pathologie d&#8217;un sujet qui s&#8217;anéantirait dans un appétit vorace pour un produit et une société devenant malade à force de consommer</strong> et d&#8217;épuiser les ressources naturelles de notre planète. L&#8217;addiction pouvant ainsi raviver une angoisse de fin du monde, angoisse qui a toujours existé sous différentes formes (punitions divines, attaques démoniaques etc.), c&#8217;est alors une porte ouverte à des délires sur-interprétatifs, c&#8217;est à dire voir des signes apocalyptiques un peu partout. <strong>On en viendrait à voir de l&#8217;addiction à tout dès lors qu&#8217;il y a compulsion et passion ou juste répétition</strong>.</p>
	<p style="text-align: justify;">Et l&#8217;absurdité qui est le reliquat de cette angoisse de mort, peut prendre dès lors de multiples formes : si manger des cacahuètes peut vite devenir compulsif, il y aurait donc une addiction à la cacahuète ou encore un passionné de théâtre est un toxicomane de la scène. Pire encore, ceux qui répéteraient une erreur seraient accroc à cette erreur. Dans cette dernière perspective <strong>la répétition ne serait plus, comme l&#8217;avait considérait Lacan, deux signifiants qui ne se rencontrent pas</strong>, mais juste une question de dépendance. En d&#8217;autres termes une <strong>vision symbolique de l&#8217;individu gommée par une dimension purement alimentaire et organique, inféodée au registre du besoin</strong>. Si tout est question de besoin qu&#8217;en est-il alors du désir ?</p>
	<p style="text-align: justify;">Derrière le discours sur les addictions on peut trouver une mise à mal du Désir, tel que l&#8217;avait définie Lacan, à savoir le Désir est causé par un manque. Et c&#8217;est <strong>ce manque qui fait que le sujet désire</strong>. Et chez Lacan il y a de sujet que désirant. En sommes <strong>sans Désir, pas de subjectivité</strong>. Tout à la fois nous sommes dans une <strong>société qui ne supporte pas le manque</strong>, nous ne voulons pas manquer, nous voulons que nos enfants manquent de rien, tout en désignant une maladie où le manque est le plus évité. Tout ceci revenant à substituer la question &laquo;&nbsp;<em>qu&#8217;est-ce que je désire ? (donc où est-ce que je manque ?)</em>&nbsp;&raquo; par &laquo;&nbsp;<em>comment bien consommer ?</em>&laquo;&nbsp;. Comprenons donc les choses de cette manière : plutôt que de se demander comment éviter la mort (par la question de la consommation), <strong>concentrons-nous sur comment vivre, c&#8217;est à dire, que désirons-nous</strong> ? Question, je vous le concède diablement plus difficile.</p>
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		<title>Morale et économie : la question de l&#8217;angoisse</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 22:02:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>J-C Dardart</dc:creator>
				<category><![CDATA[psyche]]></category>
		<category><![CDATA[economie]]></category>
		<category><![CDATA[freud]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
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		<description><![CDATA[En regardant le débat sur le salaire des footballeurs dans on est pas couché (émission du 14 novembre 2009) , je fus frappé par un type d&#8217;argumentaire très représentatif de notre société actuelle. En effet, lorsqu&#8217;à propos de la somme d&#8217;un transfert Eric Zemmour déclare être choqué, un invité lui répond par un argument extrêmement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><a title="dice de jclepoulet, sur Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/21222350@N04/4106238689/"><img src="http://farm3.static.flickr.com/2690/4106238689_ab50015315_o.png" alt="dice" width="500" height="139" /></a></p>
	<p style="text-align: justify;"><span class="lettrine">E</span>n regardant le débat sur le salaire des footballeurs dans <em>on est pas couché</em> (émission du 14 novembre 2009) , je fus frappé par un type d&#8217;argumentaire très représentatif de notre société actuelle. En effet, lorsqu&#8217;à propos de la somme d&#8217;un transfert Eric Zemmour déclare être choqué, un invité lui répond par un argument extrêmement courant : &laquo;&nbsp;oui mais c&#8217;est rien par rapport à la somme perçu par le club et autres grâce à lui&nbsp;&raquo;. J&#8217;en conviens ceci est tout à fait juste mais là n&#8217;est pas la question. Justement, la question se recentre par la réponse du journaliste : &laquo;&nbsp;oui mais c&#8217;est pas morale&nbsp;&raquo;. Nous assistons là dans ce malentendu à une confusion entre ce qui est morale et ce qui est économiquement compréhensible et cohérent.</p>
	<p><span id="more-66"></span></p>
	<p style="text-align: justify;">Je parle de malentendu car sur le plan de la morale le débat devrait porter sur ce qui légitime de tels revenus. Autrement dit, &laquo;&nbsp;y a t-il une limite de gains qui frôlerait l&#8217;indécente ?&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;s&#8217;il y a mérite qui le mérite ?&nbsp;&raquo; etc. Plus précisément, &laquo;&nbsp;doit-on exposer autant de richesse pour une personne unique quand d&#8217;autres en manque cruellement ?&nbsp;&raquo;. Car, oui, le problème n&#8217;est pas tant que le joueur gagne autant, que la façon dont ceci est mis en avant pour mettre en exergue son palmarès. Ici une valeur sportive est quantifiée en terme de monnaies : c&#8217;est pratique ça se mesure, ça se quantifie.</p>
	<p style="text-align: justify;">La morale renvoie à ce qui doit et peut être fait par rapport à une conduite vis à vis des autres, de soi et de l&#8217;idéal. en d&#8217;autres termes, elle touche à la façon dont on considère l&#8217;autre dans une idée de respect tout en déterminant la façon dont on peut se regarder en face. La morale est une sorte de contrat, non chiffrable et comparable qui régit une paix avec les autres. Elle est constitués de lois pas forcément écrites qu&#8217;on nomme valeur : le courage, l&#8217;abnégation, l&#8217;honnêteté, le magnanisme  etc. Or ce qui dans notre société est mis de plus en plus en avant comme valeur dépassant les autres c&#8217;est l&#8217;argent. Cependant la valeur &laquo;&nbsp;argent&nbsp;&raquo; n&#8217;est que l&#8217;illustration d&#8217;une idéologie de chiffre, du dénombrement, notamment en terme de accumulation, de toujours plus. En un mot notre société souffre de collectionnite aigüe.</p>
	<p style="text-align: justify;">Pour autant, l&#8217;homme n&#8217;est pas devenu un être immonde, sans fois ni loi. Tout simplement, il a besoin de ce sentiment d&#8217;accumulation car elle est le rempart contre une angoisse assez grande. Freud nous disait que  «<em>L&#8217;accumulation met fin à l&#8217;impression de hasard</em>». Et il s&#8217;agit bien de cela, en proie à un reversement d&#8217;anciens repères, d&#8217;une inquiétude quant à la fin, de l&#8217;avenir, de l&#8217;énigme du sens de sa vie, l&#8217;homme se demande ce qui lui est permis d&#8217;espérer. Jusqu&#8217;à présent la question de l&#8217;espoir et du sens de la vie trouvait réponse dans la religion ou dans des systèmes idéologiques qui promettaient des lendemains meilleurs si l&#8217;on se sacrifiait suffisamment aujourd&#8217;hui. Cet équivalent  entre ce qu&#8217;on sacrifie et une fin heureuse (le paradis pour la religion catholique, la fin de l&#8217;histoire pour le communisme) est très ancien. En se disant qu&#8217;en faisant ceci ou cela tout se passera bien à la fin, l&#8217;on s&#8217;assure de la non absurdité de l&#8217;existence et que notre mort ne sera pas terrible car notre vie servira pour l&#8217;après. Et le hasard c&#8217;est ce Réel qui frappe d&#8217;un couperet implacable de façon inattendue. Or quoi de plus implacable que la mort ? nulle maitrise possible, nulle négociation n&#8217;est autorisé. En vérité, il n&#8217;y a pas plus Réel que la mort.</p>
	<p style="text-align: justify;">L&#8217;espoir représenterait alors,  ce qui de ce Réel angoissant, reste et demeure au delà de nous : nos enfants, l&#8217;utopie, le paradis. Dans une société où c&#8217;est justement le sentiment  d&#8217;espoir qui est remis en cause, ce qui reste c&#8217;est l&#8217;accumulation, la consommation et l&#8217;objectivité du chiffre : tout ceci niant la hasard donc la mort. Face à l&#8217;angoisse de la mort, qui touche donc au sentiment de réalité de notre existence, les additions assureraient ce sentiment de continuité d&#8217;être et nieraient la mort car accumuler et additionner c&#8217;est &laquo;&nbsp;toujours plus&nbsp;&raquo;. Si quelque chose est &laquo;&nbsp;toujours plus&nbsp;&raquo; il ne perd pas, il continue etc. Bref, il est éternel.</p>
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