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	<title>Le Blog de Jean-Christophe Dardart &#187; freud</title>
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	<description>La psychanalyse n'est pas une vérité mais une lecture.</description>
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		<title>Morale et économie : la question de l&#8217;angoisse</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 22:02:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>J-C Dardart</dc:creator>
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		<description><![CDATA[	
	En regardant le débat sur le salaire des footballeurs dans on est pas couché (émission du 14 novembre 2009) , je fus frappé par un type d&#8217;argumentaire très représentatif de notre société actuelle. En effet, lorsqu&#8217;à propos de la somme d&#8217;un transfert Eric Zemmour déclare être choqué, un invité lui répond par un argument extrêmement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><a title="dice de jclepoulet, sur Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/21222350@N04/4106238689/"><img src="http://farm3.static.flickr.com/2690/4106238689_ab50015315_o.png" alt="dice" width="500" height="139" /></a></p>
	<p style="text-align: justify;"><span class="lettrine">E</span>n regardant le débat sur le salaire des footballeurs dans <em>on est pas couché</em> (émission du 14 novembre 2009) , je fus frappé par un type d&#8217;argumentaire très représentatif de notre société actuelle. En effet, lorsqu&#8217;à propos de la somme d&#8217;un transfert Eric Zemmour déclare être choqué, un invité lui répond par un argument extrêmement courant : &#8220;oui mais c&#8217;est rien par rapport à la somme perçu par le club et autres grâce à lui&#8221;. J&#8217;en conviens ceci est tout à fait juste mais là n&#8217;est pas la question. Justement, la question se recentre par la réponse du journaliste : &#8220;oui mais c&#8217;est pas morale&#8221;. Nous assistons là dans ce malentendu à une confusion entre ce qui est morale et ce qui est économiquement compréhensible et cohérent.</p>
	<p><span id="more-66"></span></p>
	<p style="text-align: justify;">Je parle de malentendu car sur le plan de la morale le débat devrait porter sur ce qui légitime de tels revenus. Autrement dit, &#8220;y a t-il une limite de gains qui frôlerait l&#8217;indécente ?&#8221;, &#8220;s&#8217;il y a mérite qui le mérite ?&#8221; etc. Plus précisément, &#8220;doit-on exposer autant de richesse pour une personne unique quand d&#8217;autres en manque cruellement ?&#8221;. Car, oui, le problème n&#8217;est pas tant que le joueur gagne autant, que la façon dont ceci est mis en avant pour mettre en exergue son palmarès. Ici une valeur sportive est quantifiée en terme de monnaies : c&#8217;est pratique ça se mesure, ça se quantifie.</p>
	<p style="text-align: justify;">La morale renvoie à ce qui doit et peut être fait par rapport à une conduite vis à vis des autres, de soi et de l&#8217;idéal. en d&#8217;autres termes, elle touche à la façon dont on considère l&#8217;autre dans une idée de respect tout en déterminant la façon dont on peut se regarder en face. La morale est une sorte de contrat, non chiffrable et comparable qui régit une paix avec les autres. Elle est constitués de lois pas forcément écrites qu&#8217;on nomme valeur : le courage, l&#8217;abnégation, l&#8217;honnêteté, le magnanisme  etc. Or ce qui dans notre société est mis de plus en plus en avant comme valeur dépassant les autres c&#8217;est l&#8217;argent. Cependant la valeur &#8220;argent&#8221; n&#8217;est que l&#8217;illustration d&#8217;une idéologie de chiffre, du dénombrement, notamment en terme de accumulation, de toujours plus. En un mot notre société souffre de collectionnite aigüe.</p>
	<p style="text-align: justify;">Pour autant, l&#8217;homme n&#8217;est pas devenu un être immonde, sans fois ni loi. Tout simplement, il a besoin de ce sentiment d&#8217;accumulation car elle est le rempart contre une angoisse assez grande. Freud nous disait que  «<em>L&#8217;accumulation met fin à l&#8217;impression de hasard</em>». Et il s&#8217;agit bien de cela, en proie à un reversement d&#8217;anciens repères, d&#8217;une inquiétude quant à la fin, de l&#8217;avenir, de l&#8217;énigme du sens de sa vie, l&#8217;homme se demande ce qui lui est permis d&#8217;espérer. Jusqu&#8217;à présent la question de l&#8217;espoir et du sens de la vie trouvait réponse dans la religion ou dans des systèmes idéologiques qui promettaient des lendemains meilleurs si l&#8217;on se sacrifiait suffisamment aujourd&#8217;hui. Cet équivalent  entre ce qu&#8217;on sacrifie et une fin heureuse (le paradis pour la religion catholique, la fin de l&#8217;histoire pour le communisme) est très ancien. En se disant qu&#8217;en faisant ceci ou cela tout se passera bien à la fin, l&#8217;on s&#8217;assure de la non absurdité de l&#8217;existence et que notre mort ne sera pas terrible car notre vie servira pour l&#8217;après. Et le hasard c&#8217;est ce Réel qui frappe d&#8217;un couperet implacable de façon inattendue. Or quoi de plus implacable que la mort ? nulle maitrise possible, nulle négociation n&#8217;est autorisé. En vérité, il n&#8217;y a pas plus Réel que la mort.</p>
	<p style="text-align: justify;">L&#8217;espoir représenterait alors,  ce qui de ce Réel angoissant, reste et demeure au delà de nous : nos enfants, l&#8217;utopie, le paradis. Dans une société où c&#8217;est justement le sentiment  d&#8217;espoir qui est remis en cause, ce qui reste c&#8217;est l&#8217;accumulation, la consommation et l&#8217;objectivité du chiffre : tout ceci niant la hasard donc la mort. Face à l&#8217;angoisse de la mort, qui touche donc au sentiment de réalité de notre existence, les additions assureraient ce sentiment de continuité d&#8217;être et nieraient la mort car accumuler et additionner c&#8217;est &#8220;toujours plus&#8221;. Si quelque chose est &#8220;toujours plus&#8221; il ne perd pas, il continue etc. Bref, il est éternel.</p>


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		<title>Juste des mots</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Mar 2009 14:32:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>J-C Dardart</dc:creator>
				<category><![CDATA[psyche]]></category>
		<category><![CDATA[darwin]]></category>
		<category><![CDATA[freud]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[signifiant]]></category>

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		<description><![CDATA[	
	Le premier titre prévu pour cet article était : « De Darwin à Freud. L&#8217;animal et l&#8217;humain : le langage ». Comment comprendre un tel glissement ? En plus, de refuser un titre trop pompeux, il ne résumait pas l&#8217;essentiel de l&#8217;article. Vous comprendrez pourquoi en lisant ce qui va suivre.
	
Classiquement lorsqu&#8217;on lit Freud, l&#8217;on apprend qu&#8217;il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><a title="mots de jclepoulet, sur Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/21222350@N04/3349313608/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3564/3349313608_3855c940c5_o.jpg" alt="mots" width="500" height="129" /></a></p>
	<p style="text-align: justify;"><span class="lettrine">L</span>e premier titre prévu pour cet article était : « De Darwin à Freud. L&#8217;animal et l&#8217;humain : le langage ». Comment comprendre un tel glissement ? En plus, de refuser un titre trop pompeux, il ne résumait pas l&#8217;essentiel de l&#8217;article. Vous comprendrez pourquoi en lisant ce qui va suivre.</p>
	<p style="text-align: justify;"><span id="more-19"></span><br />
Classiquement lorsqu&#8217;on lit Freud, l&#8217;on apprend qu&#8217;il se considère comme un successeur de Darwin, en ceci que si l&#8217;auteur de  <em>L&#8217;origine des espèces</em> opérait une première blessure narcissique dans la vision que l&#8217;homme avait de lui dans le monde, Freud quant à lui engendra une seconde blessure dans le sens où il dégagea au sein même de l&#8217;humain quelque chose qui échappait à sa propre maîtrise. Autrement dit, si Darwin prouvait que l&#8217;homme n&#8217;était pas d&#8217;essence divine mais un animal, Freud démontra que l&#8217;homme n&#8217;était plus maître en lui-même. C&#8217;est ce fameux inconscient, qui échappe à notre vigilance car on veut d&#8217;abord l&#8217;ignorer.</p>
	<p style="text-align: justify;">Avec Darwin, l&#8217;homme est un animal, avec Freud non seulement il est un animal mais en en plus il se connait assez mal car il se veut être plus que ce qu&#8217;il est. Les deux auteurs ont ce point commun, qu&#8217;ils ramènent l&#8217;humain à des choses beaucoup moins spirituelles que ce qui avait dominé dans la civilisation occidentale. Freud à sa manière rappelle, tout comme Darwin, l&#8217;homme à son animalité. Plus précisément, Freud découle le fonctionnement humain de sa corporalité : l&#8217;homme est pulsion et même ses plus belles œuvres sont des reliquats de la pulsion. Et cette pulsion prend source dans le corps par les zones érogènes. Et c&#8217;est là que les choses s&#8217;aggravent : non seulement il ramène à du corps mais c&#8217;est un corps en tant qu&#8217;il est sexualisé, c&#8217;est à dire comme source de plaisir. Voilà de quoi éloigner l&#8217;humain de Dieu. Pour ainsi dire voilà une très bonne raison de l&#8217;ignorer et donc de le refouler.</p>
	<p style="text-align: justify;">C&#8217;est cette tension entre ce qui doit être ignoré et ce que notre corps réclame qui engendre dans un premier temps cette méconnaissance de l&#8217;humain sur lui-même. Le désir et son interdit sont les deux axes de conflit chez l&#8217;humain. Bien sûr ce désir s&#8217;adresse à un autre et c&#8217;est là que ce noue en premier lieu la relation à l&#8217;autre. Mais que trouvons dans cet écart entre nous et nous-mêmes : entre soi et notre image ?</p>
	<p style="text-align: justify;">On trouve ni plus ni moins que des mots. Des signifiants qui par leur arbitraires vont servir de porte-paroles aux 2 exigences (celle du désir et celle de son interdit). Pourquoi des mots ? justement parce qu&#8217;ils peuvent jouer de leurs double sens et  ambiguïté. <strong>Un mot est fondamentalement un son avant même d&#8217;être un sens</strong>. Si je dit à haute voix « mot » on entend « maux », « Meaux » etc.  c&#8217;est le mot en tant que son qui est libre d&#8217;interprétation. Et donc d&#8217;utilisation. C&#8217;est parce que les mots sont d&#8217;abord rien d&#8217;autres que des sons, qu&#8217;ils peuvent servir plusieurs sens et plusieurs intentions et donc plusieurs discours.</p>
	<p style="text-align: justify;">Notre réalité humaine prise dans l&#8217;ambiguïté du langage perd par ce biais cette maitrise illusoire sur elle-même. Le langage échappe à ce qu&#8217;on nomme volonté et vigilance. il est courant que nos patients viennent dire « je me suis trompé de mot », « je n&#8217;ai pas voulu dire ça », « je ne trouve plus le bon mot mais en gros je dirais comme ça ». Le moment clé peut se résumer comme un « j&#8217;ai pas voulu dire ça, me suis trompé de mot&#8230; euh quoique ça veut peut-être dire quelque chose ce que je viens de dire au final.». Si l&#8217;on se ment avec des mots, un autre mot, parfois le même vient trahir une vérité. Pas une vérité absolu mais plutôt un moment d&#8217;authenticité qui donne à réfléchir.</p>
	<p style="text-align: justify;">Dans cette seconde blessure narcissique inaugurée par Freud où l&#8217;homme est renvoyé à sa corporalité (non pas seulement biologique mais aussi comme corps-plaisir), la dimension qui apparaît c&#8217;est celle où notre propre langage nous échappe. Le langage nous échappe car il est ambigu. Il est ambigu car fondamentalement avant d&#8217;être sens il n&#8217;est que son. Ceci tient au fait que les mots sont rien d&#8217;autres en tant que tel. Autrement dit, les mots sont justes des mots.</p>


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