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	<title>Le Blog de Jean-Christophe Dardart &#187; télé</title>
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	<description>La psychanalyse n'est pas une vérité mais une lecture.</description>
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		<title>Fin de Concession de Pierre Carles ou quand une névrose révèle un système</title>
		<link>http://www.jcdardart.net/2010/10/30/fin-de-concession-de-pierre-carles-ou-quand-une-nevrose-revele-un-systeme/</link>
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		<pubDate>Sat, 30 Oct 2010 22:57:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>J-C Dardart</dc:creator>
				<category><![CDATA[psyche]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[télé]]></category>

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		<description><![CDATA[pas oublier acte de la blague du scooter : blague d'enfant]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><a href="http://www.findeconcession-lefilm.com/le-film"><img class="alignnone size-full wp-image-86" title="fin de concession enfin pris" src="http://www.jcdardart.net/wp-content/uploads/2010/10/fin-de-concession-enfin-pris.jpg" alt="fin de concession enfin pris" width="500" height="163" /></a></p>
	<p style="text-align: justify;"><span class="lettrine">D</span>ernièrement je suis allé voir <a href="http://www.findeconcession-lefilm.com/index.php"><em>Fin de Concession</em> »</a> le dernier documentaire de Pierre Carles. Ainsi après <a href="http://www.homme-moderne.org/images/films/pcarles/pvpp/"><em>Pas Vu Pas Pris</em> »</a> puis <a href="http://www.homme-moderne.org/enfinpris/index2.html"><em>Enfin Pris ?</em> »</a>, le réalisateur revient pour une troisième fois à la critique virulente des médias. De manière assez frappante l&#8217;on voit dans ce documentaire comment la scène avec le psychanalyste dans <em>Enfin Pris ?</em> à pris acte et fait sens plusieurs années après dans <em>Fin de Concession</em>.</p>
	<p><span id="more-87"></span></p>
	<p style="text-align: justify;">Commençons par situer la scène du psychanalyste dans <em>Enfin pris ?</em>, scène qui conclut ce documentaire et dont vous pouvez <a href="http://www.oedipe.org/index.php/language=fr/spectacle/enfin-pris">lire une excellente analyse &raquo;</a> sur Oedipe.org. Donc Pierre Carles, qui veut démontrer que même Daniel Schneidermann est autant soumis à la connivence avec le pouvoir que les autres journalistes de télévision. Dans le balbutiement de sa démonstration, il finit par prendre rendez-vous chez un psychanalyste pour que celui-ci l&#8217;aide à comprendre pourquoi son ancien partenaire avait retourné sa veste. Évidemment le rédacteur en chef d&#8217;<em>Arret sur images</em> refuse. Se retrouvant seul chez le Docteur Angélique, Pierre Carles se retrouve sur le divan. Tel est pris qui croyez prendre, on comprend, non pas pourquoi Schneidermann avait retourné sa veste mais pourquoi Pierre Carles lui en voulait pour ça. Jalousie envers ce frère, Daniel, qui à trahi un père symbolique, nommé Pierre aussi. Le Psychanalyste ayant parfaitement entendu l&#8217;amour du réalisateur pour Pierre Bourdieu. Dans la fameuse polémique entre Schneidermann et Bourdieu, Carles choisit de laver l&#8217;honneur bafoué du père en démontrant que ce faux frère est un menteur. Pierre Carles quelque peu bouleversé se rassure en précisant que ce qu&#8217;il a découvert sur l&#8217;émission de France 5 est bel et bien vrai. Sur ce le psychanalyste acquiesce mais n&#8217;oublie pas d&#8217;ajouter que les pires raisons sont les meilleures. Le film se conclut alors sur ces mots du Docteur Angélique citant Freud :</p>
	<blockquote><p>Ce que la psychanalyse se doit de sauvegarder en nous, toujours, ce sont les droits de l&#8217;enfance.</p></blockquote>
	<span id="La_question_maintenant_est_de_savoir_si_Pierre_Carles_en_prend_acte_dans_son_film_et_si_oui_comment_"><h4>La question maintenant est de savoir si Pierre Carles en prend acte dans son film et si oui, comment ?</h4></span>
	<p style="text-align: justify;">En effet, dans un premier temps on peut trouver le film ennuyeux, brouillon, ramant dans son argumentaire. Un peu comme si, Pierre Carles échouait dans son entreprise à piéger l&#8217;autre. Et comme ce fut le cas dans <em>Enfin Pris ?</em> c&#8217;est dans l&#8217;échec que toute la signification du documentaire prend sens ce qui n&#8217;est pas le cas de <em>Pas vu Pas Pris</em>, par exemple, dont l&#8217;argumentation est implacablement efficace. Ce film de Pierre Carles met en scène ce que la psychanalyse connait parfaitement : c&#8217;est par ce qui rate et échappe que la vérité advient.</p>
	<p style="text-align: justify;">Dans son impossibilité à piéger les puissants des médias à propos de TF1, Pierre Carles se rapproche d&#8217;eux, fait éclater leurs sens de la langue de bois, de la stratégie, toute une méthodologie soit de l&#8217;intimidation soit de la connivence. Prenons par exemple, la façon dont Pierre Carles se laisse duper par la flatterie de Jean-Marie Cavada  et donc répond par le montage d&#8217;une fausse interview comme celle de Patrick Poivre D&#8217;Arvor avec Fidel Castro. A chaque moment où il échoue, il passe par l&#8217;humour et la provocation pour souligner la force du mur auquel il se confronte. En fait, nous n&#8217;apprenons rien que ca que nous savons déjà, pour peu que nous soyons bien documenté. Ce que le réalisateur pointe de la façon la plus irréfutable c&#8217;est l&#8217;opacité des puissants des médias ainsi que leur refus de vrais dialogues. Il pointe alors l&#8217;impossibilité de la  circulation de parole. La névrose de Pierre Carles est de porter un symptôme, à savoir être l&#8217;enfant terrible, qui est jaloux et qui aime déranger et attaquer le système auquel il appartient. La réponse sourde du système fasse à l&#8217;enfant rebelle qui agite les bras en souligne le dysfonctionnement. D&#8217;ailleurs, il ne cesse pas de ne pas faire remarquer son malin plaisir à bousculer les puissants. Bref, il fait parler et assume plus que dans ses 2 autres films sur les médias, l&#8217;enfant terrible qu&#8217;il est. Ici c&#8217;est bien l&#8217;enfant en lui qui parle, ce même enfant dont la psychanalyse doit garantir le droit d&#8217;existence comme l&#8217;avait dit le psychanalyste de Enfin Pris ? et qui concluait le film.</p>
	<p style="text-align: justify;">Les gens de la télévision se définissent souvent comme une &laquo;&nbsp;grande famille&nbsp;&raquo;, et si nous les prenons mot, Pierre Carles en serait l&#8217;enfant en marge, porteur du symptôme antisocial, bref ce qu&#8217;on nomme en thérapie familiale, le patient désigné. Ce même membre un peu exclu, qui est souvent rebelle, fait des passages à l&#8217;acte (toutes sortes de bêtises), qui pose problème, est aussi celui qui touche là où ça fait mal et qui révèle le dysfonctionnement familial ou plus précisément les sujets tabous, ceux où la parole fait défaut soit parce qu&#8217;elle touche à une vérité qui dérange soit parce qu&#8217;elle renvoie à une profonde douleur. Voulant faire entendre quelque chose qui est tu, le porteur du symptôme va souvent mettre en acte toutes sortes de bêtises etc. Pierre Carles est cet enfant porteur du symptôme qui cherche à se faire entendre par la provocation, l&#8217;insolence et même le passage à l&#8217;acte. Le film c&#8217;est justement fait connaitre par un acte qui a été repris par les médias et qui a scandalisé tous le paysage médiatique : avec ses complices il a <a href="http://www.hns-info.net/spip.php?article24680">repeint en or le scooter de David Pujadas &raquo;</a> en lui décernant une laisse d&#8217;or pour &laquo;&nbsp;le journaliste le plus servile&nbsp;&raquo;. Cette blague d&#8217;enfant, certes de mauvais goût n&#8217;a pas manqué de choquer au plus haut point &laquo;&nbsp;la grande famille&nbsp;&raquo; de notre ami qui n&#8217;a pas manqué d&#8217;être accusé au plus haut point. Et c&#8217;est justement dans l&#8217;impossibilité à faire circuler la parole là où il y avait un tabou que Pierre Carles, tel l&#8217;enfant qui n&#8217;a pas été écouté dans sa souffrance, se met à changer de méthode et à passer à l&#8217;acte.</p>
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		<title>La Télé ça nous regarde : l&#8217;autorité de l&#8217;animateur ?</title>
		<link>http://www.jcdardart.net/2010/06/19/la-tele-ca-nous-regarde-lautorite-de-lanimateur/</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 16:57:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>J-C Dardart</dc:creator>
				<category><![CDATA[psyche]]></category>
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		<category><![CDATA[télé]]></category>
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		<description><![CDATA[Lors d&#8217;une émission d&#8217;Arrêt sur images sur le sinistrement célèbre &#171;&#160;jeu de la mort&#160;&#187; (&#62;voir l&#8217;extrait pour les non-abonnés), Daniel Schneidermann pose la question de savoir de quelle autorité s&#8217;agit-il lorsqu&#8217;on le parle de l&#8217;autorité de l&#8217;animateur de télévision sur son plateau. S&#8217;exercerait-elle, sur les candidats, sur le public en plateau ou sur le téléspectateur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><a title="plateautv de jclepoulet, sur Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/21222350@N04/2725346658/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3123/2725346658_35c0f5f1b0.jpg" alt="plateautv" width="500" height="142" /></a></p>
	<p style="text-align: justify;"><span class="lettrine">L</span>ors d&#8217;une <a href="http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2844" target="_blank">émission d&#8217;Arrêt sur images</a> sur le sinistrement célèbre &laquo;&nbsp;jeu de la mort&nbsp;&raquo; (<a href="http://www.dailymotion.com/video/xcmxyc_la-tele-cette-curieuse-autorite_news" target="_blank">&gt;voir l&#8217;extrait pour les non-abonnés</a>), Daniel Schneidermann pose la question de savoir <strong>de quelle autorité s&#8217;agit-il lorsqu&#8217;on le parle de l&#8217;autorité de l&#8217;animateur de télévision sur son plateau</strong>. S&#8217;exercerait-elle, sur les candidats, sur le public en plateau ou sur le téléspectateur de la même manière ? A-t-on affaire au même dispositif pour chacun d&#8217;eux? En effet, le journaliste pose ici une question de fond sur le fonctionnement du dispositif : Télé-Animateur-Candidat-public-téléspectateur. Pour notre part nous nous intéresserons à ce qui se passe au niveau du public et des téléspectateurs.</p>
	<p><span id="more-78"></span></p>
	<p style="text-align: justify;">Il est intéressant de noter que dans les émissions à succès, une voix <em>off</em> ou l&#8217;animateur s&#8217;adresse directement à nous (&laquo;&nbsp;ne zappez pas&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;vous allez voir que &#8230;&nbsp;&raquo;) etc. Cette boite à image qui nous parle, s&#8217;adresse à nous, nous regarde tout autant que nous la regardons. Si cela est vrai pour toutes images, notre regard sur une image se définit en tant qu&#8217;on lui suppose un regard sur nous même, autrement dit <strong>une image est toujours dans un jeu de miroir avec ce qui la regarde</strong>, c&#8217;est d&#8217;autant plus le cas avec la télévision.</p>
	<p style="text-align: justify;">Pour comprendre cela, il faut revenir au <strong>stade du miroir</strong> de Lacan. C&#8217;est en 1953 dans &laquo;&nbsp;le stade du miroir dans la construction du je&nbsp;&raquo; (in <em>les Ecrits. I</em>, SEUIL), que Lacan analyse l&#8217;expérience du jeune enfant devant son reflet. Nous allons évoquer certains de ces points principaux. L&#8217;enfant voit dans le miroir une première <strong>image unifié de lui-même</strong>, alors même que l&#8217;expérience de ses <strong>sensations internes</strong> lui indique plutôt une image du <strong>corps morcelé</strong>. Sur le plan de l&#8217;identification, quelque chose de primordial se produit : l&#8217;enfant <strong>se voit comme un tout avant même d&#8217;en avoir la sensation</strong>. Ainsi, il s&#8217;identifie par anticipation à une image idéalisée de lui-même. D&#8217;ailleurs, il se voit plus grand qu&#8217;il n&#8217;est en réalité.</p>
	<p style="text-align: justify;">L&#8217;autre point essentiel est que la mère; par exemple, authentifie cette découverte en <strong>lui disant que c&#8217;est lui qui est reflété</strong>. Elle met ainsi des mots sur cette expérience qui sinon ne prendrait pas sens. Elle le rassure sur le fait que c&#8217;est un reflet de lui-même, et non pas un étranger.</p>
	<p style="text-align: justify;">Nous avons ainsi 3 éléments : l&#8217;enfant, la mère, le reflet de l&#8217;enfant dans le miroir. Précisons maintenant quelques points :</p>
	<ul>
	<li>L&#8217;enfant voyant son reflet, en portant donc son regard vers lui, voit le reflet de ce regard.</li>
	<li>D&#8217;une certaine façon se voyant en train de regarder, c&#8217;est comme si le reflet le regardait aussi.</li>
	<li>En effet, le reflet est à la fois extérieur et étranger, mais en même temps, c&#8217;est le reflet de soi-même : c&#8217;est en quelques mots, un autre soi-même.</li>
	</ul>
	<p style="text-align: justify;">Si nous partons du principe que l&#8217;image du miroir est l&#8217;un des principaux prototypes de toutes autres images, nous comprenons aisément pourquoi une image nous regarde aussi. De plus, il est important de souligner,  que la mère (puisque nous avons pris son exemple) fait partie intégrante de ce dispositif optique. En effet, elle aussi, assiste au spectacle avec l&#8217;enfant. Ce moment, ils le partagent ensemble. Serge Tisseron dans <em>Psychanalyse de l&#8217;image</em>, fait découler la plaisir de la salle de cinéma de l&#8217;illusion qui s&#8217;opère de partager une même image : ce qu&#8217;il nomme &laquo;&nbsp;L&#8217;illusion de l&#8217;image partagée&nbsp;&raquo;. Nous pouvons faire ici l&#8217;hypothèse que se rejoue, à ce moment là, le partage entre la mère et son enfant face au reflet de ce dernier. Mais ce n&#8217;est pas tout. Quand nous disions plus haut que la mère faisait partie intégrante du dispositif optique du stade du miroir, c&#8217;était  aussi pour signifier que le reflet de celle-ci était également présent dans la miroir. Du coup, l&#8217;enfant regarde le reflet de sa mère mais son propre reflet à lui aussi.</p>
	<p style="text-align: justify;">Si nous sommes passés par une explication un peu longue du &laquo;&nbsp;stade du miroir&nbsp;&raquo;, c&#8217;est parce que, tout simplement, <strong>le dispositif  &laquo;&nbsp;animateur-public-téléspectateur&nbsp;&raquo; est proche de celui du miroir</strong>.</p>
	<p style="text-align: justify;">L&#8217;animateur s&#8217;adresse au spectateur, il met des mots sur ce qu&#8217;il va vivre et ressentir. Le spectateur voit aussi le regard de l&#8217;animateur le regardant à travers la caméra. Mais il voit également l&#8217;animateur regarder le public et ce dernier regarder l&#8217;animateur. De plus le jeu des caméras est fait de manière à ce que le téléspectateur voit ce public regarder l&#8217;animateur et le plateau mais aussi la caméra. Du coup des jeux de regards se font par moment entre le public et le spectateur. Cet échange de regards ne se fait que du coté du télé-spectateur, ce spectateur à distance, car le public ne voit pas le téléspectateur, à moins qu&#8217;il suppose et projette le regard du téléspectateur vers lui. <strong>Ce qu&#8217;il faut comprendre c&#8217;est que le public a ici une fonction de reflet pour le téléspectateur</strong>.</p>
	<p style="text-align: justify;">En outre, les gens du public sont souvent choisis selon des critères de beautés par exemple et surtout il a les bonnes réactions (c&#8217;est à dire celles qui sont attendus) au bon moment (car un membre de l&#8217;équipe du plateau lui indique). <strong>Ce spectateur idéal qui est comme le téléspectateur mais en plus beau, plus en harmonie avec le plateau</strong>) et l&#8217;animateur), est ce reflet de l&#8217;enfant dans le miroir qui est lui en mieux du point de vue de l&#8217;image. <strong>En effet, rappelons que lors du stade du miroir, le jeune enfant encore nourrisson fait  une expérience d&#8217;anticipation</strong>. Il se voit comme un tout avant même que son vécu corporel soit unifié. Ce qu&#8217;il voit annoncé par la mère comme étant son reflet est forcément de l&#8217;ordre de l&#8217;idéal car il se voit comme un tout, sensation que ses perceptions internes lui donneront qu&#8217;à un stade d&#8217;acquisition supérieur et ultérieur.</p>
	<p style="text-align: justify;">Mais alors <strong>pourquoi parler de ce qui se joue entre le téléspectateur et le public pour décrypter l&#8217;autorité de l&#8217;animateur</strong>, me direz-vous ? Certains l&#8217;auront certainement déjà deviné : l&#8217;animateur jouit d&#8217;une place parentale, <strong>il est la mère du stade du miroir, plus précisément ce que Lacan appelle grand Autre</strong>. Une façon de définir le grand Autre est de dire que c&#8217;est l&#8217;instance qui nomme, donne sens, les mots qualifiant et authentifiant l&#8217;expérience du miroir viennent de lui. <strong>Ainsi l&#8217;animateur bien plus qu&#8217;un chef d&#8217;orchestre, est celui qui met un mot, ordonne, nomme ce que le téléspectateur ressent et vit</strong>. Et ce qui lui permet d&#8217;être plus facilement mis à cette place c&#8217;est le reflet du téléspectateur que représente le public. En effet, ce dernier servant la cause de l&#8217;animateur, indique ce que doit ressentir le téléspectateur et ceci mieux que lui car il est justement <strong>son reflet idéalisé</strong>.</p>
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		<title>L&#8217;Alliance Thérapeutique avec Super Nanny</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Apr 2009 13:14:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>J-C Dardart</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cet article n&#8217;a pas pour objet de faire les louanges ou le pamphlet de cette célèbre émission de M6 mais plutôt de dire un mot sur la présence de l&#8217;image de Super Nanny dans les échanges que nos avons avec les parents que ce soit en entretien avec la famille, les thérapies familiales ou les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><img class="aligncenter size-full wp-image-33" title="supern" src="http://www.jcdardart.net/wp-content/uploads/2009/04/supern.png" alt="supern" width="500" height="130" /></p>
	<p><span class="lettrine">C</span>et article n&#8217;a pas pour objet de faire les louanges ou le  pamphlet de cette célèbre émission de M6 mais plutôt de dire un mot sur la présence de l&#8217;image de Super Nanny dans les échanges que nos avons avec les parents que ce soit en entretien avec la famille, les thérapies familiales ou les groupes de paroles de parents.<br />
<span id="more-32"></span><br />
En effet, il n&#8217;est pas de notre rôle de psychologues de juger de ce qui est bien ou mal, de ce qui est un programme de qualité ou pas. Et ceci, non pas uniquement  parce que tous les goûts sont de la nature mais surtout parce que ce qui nous intéresse ce sont les significations. Dans notre exemple : ce que peut représenter l&#8217;image  de super Nanny dans le discours de certains parents. Je précise que je parle d&#8217;image car ce qui compte ce n&#8217;est pas tant la réalité du programme que l&#8217;utilisation que peut en faire les parents comme image parentale ou référence. Une référence servant à la fois d&#8217;une image interne bienséante et confiante mais surtout partageable et parlante pour beaucoup. Bien sûr cette image n&#8217;est pas magique et ne suffit pas à elle seule mais peut-être utile au thérapeute ou à l&#8217;échange dans un groupe. En ce sens l&#8217;alliance thérapeutique se fait belle et bien avec les parents et non pas avec Super Nanny, mais son image peut faire fonction d&#8217;image à la fois interne et partageable. Certains parents se réfèrent à cette image, avec souvent une pointe d&#8217;humour, car ils ne sont pas idiots, ils se rendent compte qu&#8217;appliquer telle quelle les conseils de Super Nanny relèvent plus du GOSPLAN que de la réalité. Mais elle donne des pistes ou plus exactement elle confirme les parents sur ce qu&#8217;ils savent déjà en partie. C&#8217;est dans cet écart entre ce qu&#8217;il faudrait faire et le fait de l&#8217;effectuer, entre ce que savent ou sentent les  parents  et une perte de confiance de leur capacité à être parent, que le psychothérapeute agit, questionne et soutient. </p>
	<p>Ainsi l&#8217;image de la Super Nanny comme mère impossible, rassure les parents sur le fait qu&#8217;ils ne peuvent pas être parfait (« on n&#8217;est pas Super nany », « On va faire comme Super Nany (en ricanant) »); ouvrant ainsi une porte sur le sens de leurs doutes et sur la question des problèmes de communication. </p>
	<p>Je rejoins ainsi ce que Serge Tisseron défend depuis longtemps concernant les images : ne pas les diaboliser mais tenter d&#8217;en comprendre le sens et l&#8217;utilisation qu&#8217;en fait le sujet pour se constituer des représentations et interpeller ses propres images internes qui découlent de sa propre image à soi (supposé chez l&#8217;autre). La Télé est un miroir qui à la fois illusionne mais dit quelque chose du sujet car ce dernier y projette des images internes. Dès lors,  du point de vue du psychologue il ne serait pertinent de les rejeter. Au contraire, il est légitime de travailler autour en y mettant des mots.
</p>
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